L’appel

Printemps des luttes locales : faisons entendre nos territoires en résistance !

Malgré les grands engagements de zéro artificialisation et de préservation du Vivant le constat est accablant : la France continue de bétonner massivement ses terres agricoles et naturelles.

Le ciment, ingrédient indispensable à la fabrication du béton, est responsable de 8 % des émissions de CO2 mondiales.  Chaque année plus de 24 000 hectares sont encore artificialisés, soit cinq terrains de football par heure, et cette destruction massive ne ralentit qu’à la marge. La bétonisation imperméabilise les sols et l’extraction des granulats artificialise les terres agricoles et détruit les nappes souterraines. L’industrie s’accapare des ressources finies, pour fabriquer des “ouvrages d’art”, des zones commerciales, des habitats en série et inconfortables, des vastes étendues artificialisées et stérilisées où le vivant n’a plus sa place.

Depuis plusieurs années un front se lève contre l’artificialisation des sols et le monde du béton. Des actions fins de chantier menées par Extinction Rebellion,  des rapports accablants publiés par les ONG du monde entier aux actions souterraines pour endiguer les chantiers, la résistance s’organise.

En octobre 2023, une vaste campagne décentralisée internationale, portée par plus de 200 organisations a permis de visibiliser la filière béton et le cimentier LafargeHolcim en donnant lieu à plus de 50 actions en Europe. Financement du terrorisme, répression débridée, et artificialisation sans compter, le géant du ciment demeure un des grands coupables de cette industrie mortifère, plus personne ne l’ignore car nous le pointons du doigt.

Mais nous devons continuer à résister dans les actes à la multiplication des projets imposés et polluants.

Ces derniers mois les crises politiques à répétition et les élections qui se succèdent, nous amènent à espérer des élu.es une prise en main des politiques d’urbanisme, à attendre un changement qui ne vient jamais. La dérégulation du droit de l’environnement intensifie l’implantation des projets, minimise  les avis citoyens et restreint les possibilités de recours. Il est crucial que nous reprenions la main sur nos territoires, et cela d’autant plus à la sortie des élections municipales, pour clamer haut et fort que nous avons notre voix dans ces décisions.

Sur les dix dernières années ce sont plus de 150 victoires qui ont été remportées par les luttes locales, partout les territoires amplifient leur résistance, leur capacité de réaction et leur vision politique commune. Car nos luttes permettent un lien politique sur le terrain, des organisations nouvelles et des rencontres plus larges que celles auxquelles nous sommes habitué.es. Tant face à la montée de l’extrême droite qu’à la multiplication des projets imposés et polluants, nous devons construire des territoires en résistance.

Aujourd’hui nous appelons à rejoindre les centaines de luttes qui, partout sur le territoire, s’organisent contre des projets imposés et polluants, et à, ensemble, passer à l’action du 23 au 26 mai, pour ce qui sera le printemps des luttes locales.

Ensemble, habitant.es, naturalistes, collectifs en lutte, victimes des impacts de l’artificialisation, ouvrier-es et professionnel-les de l’industrie qui souhaitent travailler avec dignité sans détruire leur santé, organisations syndicales, associations  nous allons faire entendre la voix de nos territoires en résistance.
 Partout, dans les villes et les campagnes, dans les carrières, dans les champs, sur les futurs ZAC ou tracés d’autoroutes, nous allons mettre sous les projecteurs les terres menacées et ceux qui veulent les dévorer. Durant 3 jours manifestations, actions, affichages, publications, visibilisations, blocages vont se succéder partout pour présenter un front uni face aux projets destructeurs du vivant. Rejoignez nous !